Déformation du rivage et dérive littorale des plages du Golfe du Lion

La gestion des sédiments des plages sableuses du golfe du Lion repose nécessairement sur une connaissance fine du potentiel de Transport Sédimentaire Longitudinal (TSL), en particulier dans un contexte de diminution des apports fluviaux, d’occurrence de tempêtes orientée à la hausse et de remontée du niveau moyen de la mer. La modélisation, complétée par des mesures in-situ, permet une quantification du potentiel de TSL à différentes échelles temporelles, de l’année à plusieurs décennies. Photographies aériennes et satellitaires, différentiels bathymétriques, analyses granulométriques sont couramment mis à profit dans l’estimation de l’intensité et de la direction du TSL. Elles permettent, avec l’aide de la modélisation, d’identifier les cellules de dérive littorale sur lesquelles s’appuient les gestionnaires afin d’administrer au mieux le stock sédimentaire des plages.

Ici, une approche modélisante du potentiel TSL le long des plages du golfe du Lion est proposée sur la base du modèle d’ingénierie côtière Unibest-LT (Uniform Beach Sediment – Longshore Transport). Sont exploités en entrée de modèle des données de houle de 1979 à 2010 (base de données ANEMOC-2 produite par le Cerema à partir d’une approche modélisante également) conjointement à des données topo-bathymétriques haute résolution LiDAR (base de données Litto3D produite conjointement par le SHOM et l’IGN). Le potentiel de TSL annuel est calculé pour 157 profils topo-bathymétriques couvrant l’ensemble des ∿250 km de littoral étudié dans ce travail de thèse.

En premier lieu, le potentiel de TSL annuel résultant est d’abord estimé sur la base d’une année de houle type, établie à partir de 31 ans de houle horaire entre 1979 et 2010, puis pour chaque année entre 1979 et 2010. La différence observée avec le potentiel de TSL annuel résultat « type » permet de discrétiser les années en trois situations : anomalie positive, anomalie négative ou proche de la normale. Par ailleurs, un lien est clairement établi entre la variabilité interannuelle identifiée dans les simulations et les tempêtes. En outre, cette analyse interannuelle menée à l’échelle des plages du golfe du Lion amène à affiner les limites des cellules de dérive littorale potentielle, pour lesquelles trois scénarios d’organisation sont établis : habituel, occasionnel, exceptionnel.

Enfin, le lien entre potentiel de TSL annuel résultant et variations du rivage est testé, conformément au large corpus bibliographique qui existe à ce sujet en ingénierie côtière. Cependant, les résultats s’avèrent décevants : une remise en cause de la théorie sous-jacente est proposée ici.

Pièces jointes